Imparfaits, libres et heureux

Christophe André commence son livre en évoquant un passage du journal intime de Jules Renard, l’auteur de Poil de Carotte. Un homme talentueux et hypersensible, mais qui doutait beaucoup de lui-même en raison d’une estime de soi fragile.

Dans l’introduction, il commence par la question « Comment allez-vous ? » pour amener le lecteur à réfléchir à son bien-être et à son estime de soi. Il explique que nous avons tous besoin d’avoir une image positive de nous-mêmes. Il évoque également l’ego et montre que la plupart des personnes ont tendance à se percevoir comme légèrement meilleures que la moyenne

Mais, dès que la vie devient difficile, les insuffisances de notre estime de soi se révèlent impitoyablement. Chez les plus vulnérables d’entre nous, en raison de leur fonctionnement psychique ou de leurs difficultés sociales (personnes isolées, en situation de précarité, chômeurs), ces failles ne pardonnent pas et alimentent alors de nombreuses formes de souffrance mentale.

Première partie : L’estime de soi, c’est tout ça

Chapitre 1 : un programme

L’estime de soi, c’est de me montrer capable de :

Chapitre 2 : Un programme

L’estime de soi c’est :

▶️Ce que je pense de moi

▶️Comment je me sens avec ces pensées

▶️Ce qe je fais de ma vie avec tout ça

C’est ce mélange des regards et des jugements que je porte sur moi-même.

L’estime de soi est naturelle car elle est indissociable de la conscience de soi. L’estime de soi dépend aussi de notre lien aux autres, car nous sommes des êtres sociaux. Mais attention, car notre faculté à détecter si nous sommes acceptés ou non peut nous faire craindre le rejet au lieu de chercher la réussite.

L’estime de soi influence notre façon d’être
L’estime de soi est une sorte de tableau de bord du moi, qui va influencer notre style de conduite. Comme le tableau de bord d’une voiture, sa mission est donc de nous signaler tout ce qui ne fonctionne pas dans notre « moteur psychique ».

Les carburants de l’estime de soi se répartissent en deux : catégories :

  • 1️⃣-) Les signes de reconnaissance sociale (affection, sympathie, amour, admiration, estime reçues de la part des autres personnes)
  • 2️⃣-) Les signes de performance (toutes nos réussites, nos actions couronnées de succès)

L’estime de soi peut être affectée par différentes causes, mais elle est surtout sensible aux échecs et aux rejets. Dans notre société moderne, fondée sur l’autonomie et la performance individuelle, elle est devenue plus que jamais nécessaire. Nous ne pouvons donc pas, aujourd’hui, nous passer d’estime de soi.

Si nous ne prenons pas soin de nous, si nous ne disposons pas d’un minimum d’estime et de respect pour nous-même, alors nous n’agirons pas, ou moins bien, et avec moins de lucidité et de sérénité.

Sans estime de soi, toute notre personnalité restera sous influence
Influences de notre passé tout d’abord. L’estime de soi c’est ce qui va nous permettre de tirer le meilleur des influences de notre passé. Et aussi de nous en affranchir, pour devenir nous-même.

Influences de la société ensuite. Une bonne estime de soi nous permet de ne pas être le jouet des influences sociales.

Chapitre 3 : Qu’est-ce qu’une bonne estime de soi ?

Les six dimensions d’une bonne estime de soi

1-) Hauteur : Appréhender l’estime de soi uniquement à travers son niveau ne suffit pas. De nombreuses personnes ayant une haute estime d’elles-mêmes se révèlent pourtant anxieuses et connaissent d’importantes difficultés sur les plans intime, relationnel et émotionnel. Cultiver davantage de sérénité et de paix intérieure peut s’avérer plus bénéfique.

2-) Stabilité : Une estime de soi stable se manifeste par son rôle d’amortisseur face aux échecs comme aux réussites, aux approbations comme aux critiques. On peut se réjouir, être déçu ou touché, mais sans jamais perdre son équilibre. Elle permet également de rester soi-même, quel que soit le public ou les interlocuteurs

3-) Harmonie : En matière d’estime de soi, la polyculture vaut mieux que la monoculture. Plus on construit sa valeur sur plusieurs aspects de sa vie, plus elle est solide. Miser sur une seule chose nous (le physique par exemple) rend plus vulnérable.

4-) Autonomie : C’est surtout l’autonomie par rapport aux pressions sociales sur ce qu’il faut avoir, faire ou montrer pour être (ou se sentir, ou se croire) estimé des autres : voiture, conjoint, enfants, etc. Et pire : voiture de telle marque, conjoint comme il le faut (beau, chic ou de bonnes manières), et enfants réussissant scolairement, etc.

5-) Coût : Certains individus sont amenés à faire des débauches d’énergie très importantes pour protéger ou promouvoir leur estime de soi : déni de la réalité, fuites et évitements, agressivité envers autrui. Autant de stratégies dysfonctionnelles qui, pour un bénéfice minime sur l’estime de soi, vont sacrifier de nombreux aspects de la qualité de vie, et engendrer du stress.

6-) Place centrale et importance des questions liées à l’estime de soi dans la vie de la personne : A quel point accordons-nous de l’importance à notre image, à l’opinion que les autres ont de nous, à notre amour-propre (réagir aux critiques sans se sentir offensé, ou parfois choisir de ne pas y réagir…) ?

Les bénéfices d’une bonne estime de soi
Ils sont multiples : la résilience, l’effet favorable sur la santé somatique, etc.

Une intelligence de soi
L’estime de soi est finalement une forme d’intelligence de soi, au sens le plus large du terme. Elle implique la capacité de s’adapter à des situations nouvelles et de trouver des solutions aux difficultés rencontrées. Elle renvoie aussi à la faculté de se connaître et de se comprendre.

Chapitre 4 : Les boiteries de l’estime de soi

Un jour on s’aime, un jour non. Il est normal d’avoir des hauts et des bas dans notre rapport à nous-même. Ces oscillations d’estime de soi sont légitimes et utiles. Elles nous informent de la réussite ou non de nos efforts, de notre niveau d’acceptation ou de rejet social. Elles sont précieuses donc précieuses donc, et il est bon d’avoir des doutes sur soi.

les symptômes de souffrance de l’estime de soi
1-) Obsession de soi. Comme toutes les fois qu’un souci nous hante et qu’il n’est pas résolu
2-) Tension interne
3-) Sentiment de solitude. Impression d’être une personne différente des autres. Plus fragile, moins compétente, plus vulnérable, plus isolée.
4-) Sentiment d’imposture. Ce qui m’arrive, je le mérite vraiment ?
5-) Comportements inadéquats par rapport à nos intérêts. Devenir désagréable lorsque l’on se sent jugé. Essayer d’impressionner, de rabaisser autrui, alors que cela ne correspond pas à nos valeurs personnelles.
6-) Tendance à l’auto-aggravation lorsqu’on va mal.
7-) Procéder à des choix de vie contraires à nos envies.
😎 Difficulté à demander de l’aide. Paradoxalement, ce sont les personnes à haute estime de soi qui demandent le plus facilement de l’aide à autrui. Elles ne se sentent pas dévalorisées de devoir le faire
9-) Dépendance excessive envers les normes. Tout comme les codes sociaux (mode, vocabulaire, possessions matérielles, vouloir paraître jeune, etc.
10-) Faire semblant. Faire semblant d’être fort (non, non aucun problème), d’être faible (je suis tellement stupide) ou indifférent (non, je ne suis ni triste , ni déçu, ni malheureux).
11-) Tentation du négativisme. Vouloir rabaisser tout le monde, ne voir que les mauvais côtés, les mesquineries, les choses sombres ou tristes. Parmi les buts plus ou moins conscients de cette stratégie : ne pas être le seul à être minable.
12-) Problème avec la remise en question. Trop permanente et lancinante, chez les personnes à faible estime de soi.
13-) Caractère excessif des émotions négatives.

Chapitre 5 : Les estimes de soi vulnérables : les basses et les fausses

Se sous-positionner : l’art de la dérobade des personnes à faible estime de soi


« Je préfère rester en retrait, même lorsque je sais que je pourrais y arriver. J’ai souvent l’impression que les autres sont plus compétents que moi et que je ne mérite pas vraiment d’être à leur niveau. »

Chez les personnes à basse estime de soi, il n’existe aucune relativisation, aucune distance, aucune clémence envers ces petites failles. A force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.

Se surpositionner : mensonges et crispations des personnes à haute estime de soi


Ces personnes présentent en fait les mêmes fragilités de l’ego que celles à basse estime de soi. Mais elles luttent différemment contre leurs doutes.

Cette surestime de soi exprime la tentative de construction d’un « super-moi », personnage social qui protège la personne sous-jacente, bien plus fragile. Ce super-moi à un grand besoin de reconnaissance par distinction du troupeau. « Si je me contente d’être normal, je sombrerai. Je dois me mettre en avant et au dessus des autres. »

Bien sûr, ces stratégies engendrent du stress et ont un coût émotionnel élevé. L’obsession de reconnaissance et de performance représente une débauche d’énergie. D’où une usure et une fragilisation, et la fréquence de manifestations anxieuses.

On trouve aussi un cas de figure extrême, celui des narcissiques. « Je me vois faire, c’est ça le pire. Dès qu’il y a plus de trois personnes, dans un premier temps je dois faire le malin. Puis, si je ne mets pas mon auditoire sous le charme, je deviens amer et parano ».

Chapitre 6 : Le développement durable de l’estime de soi

L’estime de soi s’améliore tant dans le champ du développement personnel, si les problèmes ne sont pas trop sévères, que dans celui de la psychothérapie, s’ils sont compliqués de symptômes psychiatriques (troubles dépressifs ou anxieux, phobies, pulsion autodestructrices, etc.)

Comment faire évoluer favorablement l’estime de soi

▶️Comprendre le passé ne suffit pas à changer le présent. L’exploration à l’infini de notre histoire personnelle n’est pas la solution. Le passé et passé. Par définition, c’est contre son fantôme que nous nous battons. Mais nous nous battons toujours au présent.

▶️Il ne suffit pas de comprendre, il faut aussi agir et pratiquer. Tous les livres du monde sur l’estime de soi et les conférences données sur ce thèmes ne changeront rien si on ne passe pas à l’action de façon intelligente.

▶️L’apprentissage plus que la révélation. Changer, cela s’apprend.

▶️Changer, ce n’est pas compliqué. Il faut appliquer tous les conseils. Longtemps. Régulièrement.

La route est longue mais il y a une route..

Le changement relève donc d’efforts réguliers. Aller mieux, cela peut commencer aujourd’hui. En revanche, ils ne seront pas encore résistants et automatisés. Seule la pratique régulière va transformer ces efforts délibérés en automatisme moins coûteux en énergie psychique. Il faut garder en mémoire que les retours en arrière sont normaux, dans tous les apprentissages.

Les retours de vieux démons peuvent intervenir sous l’effet de la fatigue, de la répétition des problèmes, de la confrontation à une situation qui nous laisse particulièrement démunis. L’effet de négligence peut-être également l’une des causes. Cela fait partie du processus.

Réfléchir et agir ne suffit pas. Il faut réfléchir, agir et répéter.

Capital : créer une ambiance psychologique propice au changement sur la durée

Il y a une nécessité absolue, et sur la durée, d’un climat de tolérance à ses difficultés. Il faut apprendre le respect de soi. Cela aussi s’apprend et porte un nom : acceptation.

Chapitre 7 : L’estime de soi commence par l’acceptation de soi

S’accepter pour s’estimer
Les personnes à haute estime de soi ont des défauts et des doutes, connaissent des échecs et pas seulement des réussites, ressentent aussi, parfois, doutes et sentiments de fragilité. Simplement, il les acceptent. Les échecs les affectent. Mais ils savent qu’ils sont inévitables, si l’on a fait le choix de l’action. Il en va de même pour les critiques.

La caractéristique la plus forte des sujets à bonne estime de soi, c’est qu’ils sont capables de tolérer et d’accepter leurs imperfections, car ils ont construit et intégré une bonne image d’eux-mêmes.

S’accepter pour changer
Il faut savoir reconnaître que, pour le moment, les choses sont comme elles sont, et non comme je voudrais qu’elles soient.

Accepter : une manière d’être au monde
Accepter c’est lâcher-prise. On découvre alors que tout une partie des problèmes disparaît d’elle-même. Et que ce qui reste paraît plus simple à changer.

Exercer ses capacités d’acceptation sur le quotidien représente un prélude à l’action sereine. Et accepter le monde nous aidera à nous accepter et nous permettra de progresser.

Les bénéfices de l’acceptation de soi
Ils sont doubles : améliorer le bien-être émotionnel et faciliter le changement personnel

Chapitre 8 : Le coffre de mon scooter

Christophe André raconte qu’un collègue le taquine en lui disant qu’il a des TOC parce qu’il vérifie plusieurs fois le coffre de son scooter. Dans un premier temps, il se défend et cherche à expliquer que son comportement est rationnel, puis il accepte finalement de regarder la situation autrement. Il comprend que vouloir toujours se justifier ou contrôler les choses est épuisant, et que l’acceptation de ses petites imperfections permet davantage de liberté.

Deuxième partie : Prendre soin de soi

Chapitre 9 : Pratique de l’acceptation de soi

Christophe André raconte le cas d’Aude, qui s’est sentie mal lors d’un repas chez une amie. Une invitée, passionnée de peinture, parlait de son sujet avec enthousiasme. D’abord inquiète (« Comment cacher que je n’y connais rien ? »), puis agacée (« Marre de cette prétentieux qui nous gâche le repas). Aude finit par comprendre qu’elle était surtout sur la défensive. En acceptant simplement que cette invitée en savait plus qu’elle sur la peinture, elle aurait pu profiter davantage du moment


L’acceptation de soi n’est pas seulement un concept. C’est une manière d’être, qu’on ne peut donc conquérir

Chapitre 9 : Pratique de l’acceptation de soi



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