
Christophe André commence son livre en évoquant un passage du journal intime de Jules Renard, l’auteur de Poil de Carotte. C’était un homme talentueux et hypersensible, mais qui doutait beaucoup de lui-même en raison d’une estime de soi fragile.
Dans l’introduction, il commence par la question « Comment allez-vous ? » pour amener le lecteur à réfléchir à son bien-être et à son estime de soi. Il explique que nous avons tous besoin d’avoir une image positive de nous-mêmes. Il évoque également l’ego et montre que la plupart des personnes ont tendance à se percevoir comme légèrement meilleures que la moyenne.
Mais, dès que la vie devient difficile, les insuffisances de notre estime de soi se révèlent impitoyablement. Chez les plus vulnérables d’entre nous, en raison de leur fonctionnement psychique ou de leurs difficultés sociales (personnes isolées, en situation de précarité ou au chômage), ces failles ne pardonnent pas et alimentent alors de nombreuses formes de souffrance mentale.
Première partie : L’estime de soi, c’est tout ça
Chapitre 1 : un programme
L’estime de soi, c’est de me montrer capable de :


Chapitre 2 : Un programme
L’estime de soi c’est :
▶️Ce que je pense de moi
▶️Comment je me sens avec ces pensées
▶️Ce qe je fais de ma vie avec tout ça
C’est ce mélange de regards et de jugements que je porte sur moi-même.
L’estime de soi est naturelle, car elle est indissociable de la conscience de soi. Elle dépend aussi de notre lien aux autres, puisque nous sommes des êtres sociaux. Cependant, notre capacité à détecter si nous sommes acceptés ou non peut nous amener à craindre le rejet plutôt qu’à chercher la réussite.
L’estime de soi influence notre façon d’être
L’estime de soi est une sorte de tableau de bord du moi qui influence notre comportement. Comme le tableau de bord d’une voiture, elle a pour mission de nous signaler tout ce qui ne fonctionne pas dans notre « moteur psychique ».
Les carburants de l’estime de soi se répartissent en deux catégories :
- 1️⃣-) Les signes de reconnaissance sociale (affection, sympathie, amour, admiration, estime reçues de la part des autres personnes)
- 2️⃣-) Les signes de performance (toutes nos réussites, nos actions couronnées de succès)
L’estime de soi peut être affectée par différentes causes, mais elle est surtout sensible aux échecs et aux rejets. Dans notre société moderne, fondée sur l’autonomie et la performance individuelle, elle est devenue plus que jamais nécessaire. Nous ne pouvons donc pas, aujourd’hui, nous passer d’estime de soi.
Si nous ne prenons pas soin de nous et si nous ne disposons pas d’un minimum d’estime et de respect pour nous-mêmes, nous risquons de ne pas agir, ou d’agir moins bien, avec moins de lucidité et de sérénité.
Sans estime de soi, toute notre personnalité restera sous influence.
Tout d’abord, les influences de notre passé : l’estime de soi nous permet de tirer le meilleur de nos expériences passées, mais aussi de nous en affranchir pour devenir nous-mêmes.
Ensuite, les influences de la société : une bonne estime de soi nous permet de ne pas être les jouets des influences sociales.
Chapitre 3 : Qu’est-ce qu’une bonne estime de soi ?
Les six dimensions d’une bonne estime de soi
1-) Hauteur : Appréhender l’estime de soi uniquement à travers son niveau ne suffit pas. De nombreuses personnes ayant une haute estime d’elles-mêmes se révèlent pourtant anxieuses et connaissent d’importantes difficultés sur les plans intime, relationnel et émotionnel. Cultiver davantage de sérénité et de paix intérieure peut s’avérer plus bénéfique.
2-) Stabilité : Une estime de soi stable se manifeste par son rôle d’amortisseur face aux échecs comme aux réussites, aux approbations comme aux critiques. On peut se réjouir, être déçu ou touché, mais sans jamais perdre son équilibre. Elle permet également de rester soi-même, quel que soit le public ou les interlocuteurs.
3-) Harmonie : En matière d’estime de soi, la polyculture vaut mieux que la monoculture. Plus on construit sa valeur sur plusieurs aspects de sa vie, plus elle est solide. Miser sur une seule chose, comme le physique par exemple, nous rend plus vulnérables.
4-) Autonomie : C’est surtout l’autonomie par rapport aux pressions sociales sur ce qu’il faut avoir, faire ou montrer pour être (ou se sentir, ou se croire) estimé des autres : voiture, conjoint, enfants, etc. Et pire encore : une voiture de telle marque, un conjoint comme il le faut (beau, chic ou ayant de bonnes manières) et des enfants qui réussissent scolairement, etc.
5-) Coût : Certains individus sont amenés à déployer des efforts considérables pour protéger ou promouvoir leur estime de soi : déni de la réalité, fuites et évitements, agressivité envers autrui. Autant de stratégies dysfonctionnelles qui, pour un bénéfice minime sur l’estime de soi, sacrifient de nombreux aspects de la qualité de vie et engendrent du stress.
6-) Place centrale et importance des questions liées à l’estime de soi dans la vie de la personne : À quel point accordons-nous de l’importance à notre image, à l’opinion que les autres ont de nous et à notre amour-propre ? Comment réagissons-nous aux critiques : nous sentons-nous offensés ou choisissons-nous parfois de ne pas y réagir ?
Les bénéfices d’une bonne estime de soi
Ils sont multiples : la résilience, l’effet favorable sur la santé somatique, etc.
Une intelligence de soi
L’estime de soi est finalement une forme d’intelligence de soi, au sens le plus large du terme. Elle implique la capacité de s’adapter à des situations nouvelles et de trouver des solutions aux difficultés rencontrées. Elle renvoie aussi à la faculté de se connaître et de se comprendre.
Chapitre 4 : Les boiteries de l’estime de soi
Un jour on s’aime, un jour non. Il est normal d’avoir des hauts et des bas dans notre rapport à nous-même. Ces oscillations d’estime de soi sont légitimes et utiles. Elles nous informent de la réussite ou non de nos efforts, de notre niveau d’acceptation ou de rejet social. Elles sont précieuses précieuses donc, et il est bon d’avoir des doutes sur soi.
les symptômes de souffrance de l’estime de soi
1-) Obsession de soi. Comme toutes les fois qu’un souci nous hante et qu’il n’est pas résolu
2-) Tension interne
3-) Sentiment de solitude. Impression d’être une personne différente des autres. Plus fragile, moins compétente, plus vulnérable, plus isolée.
4-) Sentiment d’imposture. Ce qui m’arrive, je le mérite vraiment ?
5-) Comportements inadéquats par rapport à nos intérêts. Devenir désagréable lorsque l’on se sent jugé. Essayer d’impressionner, de rabaisser autrui, alors que cela ne correspond pas à nos valeurs personnelles.
6-) Tendance à l’auto-aggravation lorsqu’on va mal.
7-) Procéder à des choix de vie contraires à nos envies.
😎 Difficulté à demander de l’aide. Paradoxalement, ce sont les personnes à haute estime de soi qui demandent le plus facilement de l’aide à autrui. Elles ne se sentent pas dévalorisées de devoir le faire
9-) Dépendance excessive envers les normes. Tout comme les codes sociaux (mode, vocabulaire, possessions matérielles, vouloir paraître jeune, etc.)
10-) Faire semblant. Faire semblant d’être fort (non, non aucun problème), d’être faible (je suis tellement stupide) ou indifférent (non, je ne suis ni triste , ni déçu, ni malheureux).
11-) Tentation du négativisme. Vouloir rabaisser tout le monde, ne voir que les mauvais côtés, les mesquineries, les choses sombres ou tristes. Parmi les buts plus ou moins conscients de cette stratégie : ne pas être le seul à être minable.
12-) Problème avec la remise en question. Trop permanente et lancinante, chez les personnes à faible estime de soi.
13-) Caractère excessif des émotions négatives.
Chapitre 5 : Les estimes de soi vulnérables : les basses et les fausses
Se sous-positionner : l’art de la dérobade des personnes à faible estime de soi
« Je préfère rester en retrait, même lorsque je sais que je pourrais y arriver. J’ai souvent l’impression que les autres sont plus compétents que moi et que je ne mérite pas vraiment d’être à leur niveau.«
Chez les personnes à basse estime de soi, il n’existe aucune relativisation, aucune distance, aucune clémence envers ces petites failles. A force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
Se surpositionner : mensonges et crispations des personnes à haute estime de soi
Ces personnes présentent en réalité les mêmes fragilités de l’ego que celles ayant une faible estime de soi, mais elles luttent différemment contre leurs doutes.
Cette surestimation de soi traduit une tentative de construction d’un « super-moi », un personnage social qui protège la personne sous-jacente, bien plus fragile. Ce super-moi a un grand besoin de reconnaissance et cherche à se distinguer du groupe. « Si je me contente d’être normal, je sombrerai. Je dois me mettre en avant et au-dessus des autres. »
Bien sûr, ces stratégies engendrent du stress et ont un coût émotionnel élevé. L’obsession de la reconnaissance et de la performance représente une dépense d’énergie considérable. Cela entraîne une usure et une fragilisation, ainsi qu’une fréquence accrue de manifestations anxieuses.
On trouve aussi un cas de figure extrême : celui des narcissiques. « Je me vois faire, c’est ça le pire. Dès qu’il y a plus de trois personnes, dans un premier temps, je dois faire le malin. Puis, si je ne mets pas mon auditoire sous le charme, je deviens amer et parano. »
Chapitre 6 : Le développement durable de l’estime de soi
L’estime de soi s’améliore tant dans le champ du développement personnel, si les problèmes ne sont pas trop sévères, que dans celui de la psychothérapie, s’ils sont compliqués de symptômes psychiatriques (troubles dépressifs ou anxieux, phobies, pulsions autodestructrices, etc.)
Comment faire évoluer favorablement l’estime de soi
▶️Comprendre le passé ne suffit pas à changer le présent. L’exploration à l’infini de notre histoire personnelle n’est pas la solution. Le passé et passé. Par définition, c’est contre son fantôme que nous nous battons. Mais nous nous battons toujours au présent.
▶️Il ne suffit pas de comprendre, il faut aussi agir et pratiquer. Tous les livres du monde sur l’estime de soi et les conférences données sur ce thèmes ne changeront rien si on ne passe pas à l’action de façon intelligente.
▶️L’apprentissage plus que la révélation. Changer, cela s’apprend.
▶️Changer, ce n’est pas compliqué. Il faut appliquer tous les conseils. Longtemps. Régulièrement.
La route est longue mais il y a une route..
Le changement repose donc sur des efforts réguliers. Aller mieux peut commencer dès aujourd’hui. Cependant, les progrès ne seront pas encore solides ni automatiques. Seule une pratique régulière permettra de transformer ces efforts délibérés en automatismes moins coûteux en énergie psychique. Il faut garder à l’esprit que les retours en arrière sont normaux dans tous les apprentissages.
Le retour de vieux démons peut survenir sous l’effet de la fatigue, de la répétition des problèmes ou de la confrontation à une situation qui nous laisse particulièrement démunis. Le manque de vigilance peut également en être une cause. Cela fait partie du processus.
Réfléchir et agir ne suffisent pas. Il faut réfléchir, agir et répéter..
Capital : créer une ambiance psychologique propice au changement sur la durée
Il y a une nécessité absolue, et sur la durée, d’un climat de tolérance à ses difficultés. Il faut apprendre le respect de soi. Cela aussi s’apprend et porte un nom : acceptation.
Chapitre 7 : L’estime de soi commence par l’acceptation de soi
S’accepter pour s’estimer
Les personnes à haute estime de soi ont des défauts et des doutes, connaissent des échecs et pas seulement des réussites, ressentent aussi, parfois, doutes et sentiments de fragilité. Simplement, il les acceptent. Les échecs les affectent. Mais ils savent qu’ils sont inévitables, si l’on a fait le choix de l’action. Il en va de même pour les critiques.
La caractéristique la plus forte des sujets à bonne estime de soi, c’est qu’ils sont capables de tolérer et d’accepter leurs imperfections, car ils ont construit et intégré une bonne image d’eux-mêmes.
S’accepter pour changer
Il faut savoir reconnaître que, pour le moment, les choses sont comme elles sont, et non comme je voudrais qu’elles soient.
Accepter : une manière d’être au monde
Accepter c’est lâcher-prise. On découvre alors que tout une partie des problèmes disparaît d’elle-même. Et que ce qui reste paraît plus simple à changer.
Exercer ses capacités d’acceptation sur le quotidien représente un prélude à l’action sereine. Et accepter le monde nous aidera à nous accepter et nous permettra de progresser.
Les bénéfices de l’acceptation de soi
Ils sont doubles : améliorer le bien-être émotionnel et faciliter le changement personnel
Chapitre 8 : Le coffre de mon scooter
Christophe André raconte qu’un collègue le taquine en lui disant qu’il a des TOC parce qu’il vérifie plusieurs fois le coffre de son scooter. Dans un premier temps, il se défend et cherche à expliquer que son comportement est rationnel, puis il accepte finalement de regarder la situation autrement. Il comprend que vouloir toujours se justifier ou contrôler les choses est épuisant, et que l’acceptation de ses petites imperfections permet davantage de liberté.
Deuxième partie : Prendre soin de soi
« Quand on ne trouve pas son repos en soi, il est inutile de le chercher ailleurs » (La Rochefoucauld)
Chapitre 9 : Pratique de l’acceptation de soi
Christophe André raconte le cas d’Aude, qui s’est sentie mal lors d’un repas chez une amie. Une invitée, passionnée de peinture, parlait de son sujet avec enthousiasme. D’abord inquiète (« Comment cacher que je n’y connais rien ? »), puis agacée (« Marre de cette prétentieuse qui nous gâche le repas). Aude finit par comprendre qu’elle était surtout sur la défensive. En acceptant simplement que cette invitée en savait plus qu’elle sur la peinture, elle aurait pu profiter davantage du moment
L’acceptation de soi n’est pas seulement un concept. C’est une manière d’être, qu’on ne peut donc conquérir
Les douleurs de l’estime de soi sont souvent liées à la non-acceptation de soi
La non-acceptation de soi entraîne des pensées automatiques. Face à la douleur que procure ces pensées il y a deux types de réactions. Tenter de chasser ces pensées, de les écarter de son esprit. Ou s’y abandonner et les ruminer. Dans les deux cas, c’est infructueux. Le travail d’acceptation de soi doit se faire à l’instant même ou émergent ces pensées intrusives.
Les situations à risque pour la non-acceptation de soi
On ne s’accepte pas parce que l’on est persuadé qu’il y a un danger à le faire. Danger envers soi : « s’accepter, c’est se laisser aller ». Ou danger pouvant venir des autres : « s’accepter, dans ce que l’on a de vulnérable et de fragile, c’est s’exposer à la critique, au jugement et au rejet ». Ce faisant, on aggrave la situation : ne pas s’accepter c’est un évitement. Et comme tous les évitements, il préserve la conviction que l’on se serait mis en danger en se dévoilant, notamment en admettant ou en dévoilant ses limites et ses vulnérabilités.
Pratique de l’acceptation de soi
1-) Rester conscient. 2-) Dire oui c’est comme ça, je l’accepte. 3-) Demeurer dans la situation présente plutôt que les ruminations, et se dégager de ses peurs. 4-) Travailler à accepter l’idée du pire ; 5-) Accepter aussi le passé. Il est ce qu’il est, cela ne sert à rien de vouloir le changer ou le ressasser.
L’acceptation de soi, ça marche
L’acceptation est un outil précisément adapté non pas pour supprimer la souffrance, mais pour en limiter l’extension à toute la personne.
Des risques à l’acceptation de soi ?
Si l’acceptation de soi nous est si difficile, c’est que de nombreuses craintes lui sont liées dans notre esprit. Parmi celles-ci :
- La crainte de devenir complaisant envers soi-même, mou et résigné
- La crainte de devenir terne, sans saveur, sans couleurs
- La crainte que cela rende tout le monde semblable
Chapitre 10 : Ne plus se juger
Je crois m’observer, mais en réalité je me juge…
L’estime de soi est ainsi, par essence, un jugement : on s’observe et on se juge. Et le fantôme du regard des autres nous pousse à nous juger, et nous met la pression.
Le problème : le critique intérieur
Le critique intérieur, ce sont ces jugements constamment négatifs et limitants, cette autocritique quasi constante. Elle fait passer pour de l’information ce qui n’est que de autointoxication. Il est sans arrêt en action. Prédictions avant l’action : « Inutile d’essayer, ça ne marchera pas. » Commentaires pendant : « Regarde comme tu t’y prends mal. » Conclusion après : « Tu as été pathétique. » Il est comme un véritable ennemi en nous-même.
La toxicité du jugement sur soi lorsqu’il émane d’une autocritique aveugle
Cette autosuggestion négative fait qu’on ne tire pas profit de nos expériences de vie positives, car tout succès, ou toute reconnaissance, est immédiatement relativisé.
Comment pratiquer une autocritique utile
- En se rappelant que nous produisons nous-même une grande partie de nos souffrances
- Bien faire la différence entre ce qui se passe (les faits) et ce que j’en pense (mon interprétation).
- Se montrer prudent par rapport aux conclusions précipitées
- Reformuler différemment ses autoverbalisations. Ne plus supporter les termes radicaux et définitifs : catastrophe, nul, inacceptable, etc.
- Comprendre que les changements ne se feront que lentement.
Chapitre 11 : Se parler
L’art de se parler à soi-même
Ce n’est pas simple au début, mais cela fait du bien.
Les rendez-vous avec soi-même : journal intime et temps de méditation
On n’est pas obligé d’écrire chaque jour. On peut aussi prendre chaque matin ou chaque soir quelques instants pour réfléchir sur soi : « Que m’est-il arrivé aujourd’hui ? » ; « Qu’ai-je appris ? » ; « Comment me-suis je comporté avec moi même ? avec les autres ? » etc.
Chapitre 12 : Non-violence avec soi-même : cesse de te faire du mal !
La maltraitance envers soi-même
il existe différents degré du mauvais rapport à soi
Doutes et insatisfactions ; Autodévalorisation ; conditionnement à l’échec ; autoagressivité psychique (s’insulter) ou physique (« j’ai envie de me frapper »), au mieux dérivée en violence et coups contre des objets.
Se punir ou s’aider à changer ?
La punition sert – éventuellement – au maintien de l’ordre, non à créer une ambiance psychologique de motivation au changement personnel. Force et sévérité envers soi-même est une vision archaïque et inefficace. Et cela rajoute une double peine qui s’ajoute à celle de l’échec.
Alors comment s’aider en étant plus indulgent envers soi-même ? En se rappelant que le contraire de la violence ce n’est pas la faiblesse, mais la douceur.
Chapitre 13 : Lutter contre ses complexes
Un complexe, c’est un doute qui se transforme en douleur. Il est normal de douter de soi et de ne pas être totalement satisfait. Mais le complexe dépasse largement le stade de l’insatisfaction occasionnelle.
On peut complexer sur tout
Un sondage réalisé par le magazine Psychologies a ainsi montré que ce dont on doute le plus c’est de sa culture (70%), de ses capacités à s’exprimer correctement (69%), de ses capacités intellectuelles (67%) et de son aspect physique (54%).
Les complexes sont bien évidemment liés à un déficit global de l’estime de soi.
Complexes : ce qu’il faut éviter
Il faut éviter d’obéir aux complexes, et ne pas renoncer à s’exposer aux regards ou aux jugements. Il ne faut pas non plus sacrifier sa liberté ou sa dignité pour se faire accepter par une personne ou dans un groupe.
Complexes : ce qui marche
- Comprendre, comme toujours, d’où viennent nos complexes
- Observer les autres et voir comment des « défauts » semblables n’empêchent pas d’autres personnes de vivre librement
- Parler avec les autres : les complexes se nourrissent de la honte et de l’isolement
- Écouter plus attentivement l’avis des autres lorsqu’ils vous rassurent
- Faire l’expérience de se confronter. C’est le meilleur moyen d’éroder peu à peu les complexes
- Élargir le regard sur soi. Se voir comme une personne globale, élargir sa vision de soi, et ne pas sé réduire à ses faiblesses, ses limites, ses défauts.
Chapitre 14 : Protéger l’estime de soi des influences toxiques, de la publicité et des pressions sociales
Les influences sociales sont inévitables… et l’estime de soi et ses dérèglements sont largement sous la dépendance de ces influences.
Pressions sur l’image du corps
Les normes de beauté et la publicité peuvent fragiliser l’estime de soi en favorisant les comparaisons et l’insatisfaction. Christophe André invite à développer un regard critique et à fonder son estime de soi sur ses valeurs plutôt que sur son apparence.
Pressions sur la réussite et le confirme social
Nos sociétés modernes valorisent la réussite comme une preuve de mérite, ce qui peut conduire à culpabiliser les personnes en difficulté ou en situation de pauvreté. Il en va de même pour les femmes sans enfants, les célibataires, etc.
Mensonge de la pub
Beaucoup de travaux suggèrent le rôle toxique des pubs de magazine sur l’estime de soi des femmes, surtout chez celles qui sont insatisfaites de leur apparence physique.
Que propose ces images innombrables, sinon des comparaisons permanentes – et perdues d’avance – avec les plus belles filles du monde ?
De même, les instantanés et les postures de bonheur, d’amour, d’amitié venus par les publicités sont tellement éloignés de la réalité
Chapitre 15 : S’écouter, se respecter et s’affirmer
Qu’est ce que l’affirmation de soi ?
S’affirmer, c’est pouvoir exprimer ses besoins, pensées, émotions : c’est-à-dire ne pas devoir s’inhiber. Tout en tenant compte de l’autre : c’est-à-dire sans avoir à le faire de manière agressive.
Comment s’affirmer si on ne s’estime pas ?
Le manque d’affirmation de soi est fréquemment associé aux problèmes de basse estime de soi, et il provoque alors de nombreuses conduites d’évitement, qui renforcent à leur tour la mauvaise image de soi.
Il faut alors se sentir prêt à affronter éventuellement la contrariété des autres, ce n’est jamais le moment pour s’affirmer…
L’affirmation de soi ne doit pas être qu’un comportement mais aussi une façon d’être au monde
Comme pour l’estime de soi, l’affirmation de soi n’est devenue un besoin qu’avec l’émergence des sociétés modernes, démocratiques et non patriarcales.
En osant s’exprimer et affronter certaines situations, on construit peu à peu image de soi plus positive. On se permet d’exister au milieu des autres, savoir avoir pour autant à les rabaisser. L’affirmation de soi ne se cantonne pas au seul comportement : elle utilise le comportement comme un levier, une porte d’entrée au changement.
Se respecter
Une façon de travailler sur ce domaine, avec le patient en thérapie, consiste par exemple à réfléchir sur ses droits personnels : le droit de dire non, de s’occuper de soi, de décevoir, de revenir sur une parole donnée si on a de bonnes raisons pour cela.
C’est la pratique et seulement elle, qui conduit à un véritable changement
Pour cela, il faut se mettre en situation tranquillement au départ (choisir des choses faciles au début), et régulièrement (chaque jour faire quelque chose qu’on aurait tendance à éviter).
Chapitre 16 : Vivre imparfait, le courage d’être faible
On retrouve un complexe d’infériorité global, significatif chez environ 15% de la population en l’absence de troubles psychologiques.
Le sentiment d’insuffisance personnelle
Il s’agit le plus souvent d’une sorte d’erreur de jugement sur ce que suscite la popularité et l’estime de la part d’autrui. On pense que l’on sera mieux accepté et estimé si l’on est parfait, si l’on brille, si l’on est irréprochable.
Les situations ou l’on a peur de perdre la face
1️⃣- Ne pas savoir répondre à une question
2️⃣- Perdre à un jeu
3️⃣- Échouer devant les autres ou se trouver dans une situation ou l’on pourrait échouer devant eux
4️⃣- Ne pas connaître les codes et usages d’un milieu
5️⃣- Avoir moins de culture (de diplômes, de connaissances…) que les autres
La tentation coûteuse de « faire semblant »
Ces stratégies de faire semblant ont un coût, aussi bien émotionnel qu’intellectuel. On devient moins à l’aise et moins performant
Un des risques du « faire semblant » : le sentiment d’imposture
C’est un sentiment présent chez les personnes ayant des problèmes d’estime de soi, haute ou basse.
Le paradoxe du sentiment d’imposture, c’est qu’il s’active à partir du moment ou l’on a commence à agir et à « réussir » à trouver une certaine place au milieu des autres. Si l’on reste à la phase à la phase d’évitement et d’inaction, il ne s’enclenche pas.
Mais dès qu’il s’enclenche, on échange une émotion négative, la tristesse (« personne ne me remarque »), contre une autre, l’inquiétude (« on m’a remarqué »), qui débouche sur la peur d’être « démasqué ».
Mentir pour protéger l’estime de soi
Beaucoup de menteurs à répétition sont des gens qui doutent qu’on puisse les aimer tels quels, sans enjoliver ce qu’ils font ou ce qu’ils sont. Beaucoup aussi ne savent pas dire non. Ils vont devoir, pour ne pas mentir, apprendre à s’affirmer.
la solution : l’affirmation de soi négative
Le travail sur l’affirmation de soi négative consiste à prendre peu à peu l’habitude d’être prêt à dévoiler ses faiblesses et limites, afin de réétalonner son détecteur de risques de rejet social. Pour cela, des thérapeutes peuvent leur faire tester une série d’exercices. Par exemple, en s’entraînant à avouer son incapacité à répondre à des fiches de Trivial Poursuit ou à des questions de culture générale. Autre exercice : aller dans un magasin et se faire expliquer le fonctionnement électroménager, dire que l’on a pas bien compris et redemander des explications.
L’idée est de confronter le patient à ce qu’il a toujours redouté. Après ces deux exercices d’échauffement, l’idée sera de se confronter avec de véritables personnes.
Chapitre 17 : S’occuper de son moral
Les liens étroits entre estime de soi, humeurs et émotions
Il existe une corrélation nette entre notre humeur et notre estime de soi. Tout ce qui nous met de bonne (ou mauvaise) humeur améliore (ou abaisse) légèrement l’estime de soi.
Globalement, les personnes à estime de soi fragile ont une nette tendance à ressentir des affectifs négatifs, surtout face aux situations stressantes. On peut même se demander si certains déficits chroniques de l’estime de soi ne seraient pas qu’une expression particulière de troubles de l’humeur.
Les personnes ayant des problème d’estime de soi ne savent pas se remonter le moral
Le problème est que ces échecs répétés dans les tentatives d’ajustement entraînent une usure émotionnelle et une démotivation psychologique (sentiment d’impuissance et d’inefficacité personnelle) qui aggravent encore les problèmes d’estime de soi, etc.
Les baisses de moral réveillent les problèmes d’estime de soi
Elles décrivent clairement comment certains jours sont pires que d’autres, en fonction des fluctuations (pourtant normales) de leur moral : ce qui ne serait chez d’autres qu’une grisaille mentale passagère réveille chez eux tout un tas de pensées de désamour de soi, de ruminations et de baisse d’envie d’agir et de vivre.
Se servir des émotions pour travailler sur l’estime de soi
Le travail sur les humeurs commencent à représenter un enjeu important dans les psychothérapies de l’estime de soi et de la prévention de la rechute dépressive. Parmi les efforts à mener peu à peu pour acquérir ses capacités :
- L’observation régulière de ses mouvements émotionnels
- Le travail sur ses contenus de pensée
- La pratique régulière d’exercices de méditation
- L’effort délibéré pour accueillir en soi toutes les occasions d’émotions positives légitimes et sincères
Chapitre 18 : Être son meilleur ami
Faut-il chercher à s’admirer ? les risques de autophilie…
L’erreur fréquemment commise par les sujets souffrant de problèmes d’estime de soi est de penser qu’on n’est estimable que lorsqu’on est admirable.
Ceux qui ont une haute estime de soi fragile cherchent à obtenir cette admiration de la part des autres, d’où leurs efforts d’auto-promotion et de mise en avant, et de se convaincre eux-mêmes qu’ils sont admirables. Ceux dont l’estime de soi est basse se contentent d’en rêver. Fantasme de succès et de gloire, mais leur absence d’efforts et de prises de risques les en tient, hélas pour eux, bien éloignés.
Cette quête d’admiration est en réalité une impasse pour l’estime de soi. Cherchons donc à nous estimer, non à nous admirer.
Faut-il s’aimer ?
Lorsqu’on observe le fonctionnement des personnes à bonne estime d’elles-mêmes, il semble que la nature du lien qu’elles entretiennent avec leur moi intime soit plutôt de nature amicale. La bonne estime de soi est finalement plus proche de l’amitié qu’elle ne l’est de l’amour. Seule l’amitié arrive à associer exigence, bienveillance, présence, tolérance.
Chapitre 19 : Assise entre deux stars
Christophe André raconte l’expérience d’une patiente qui se retrouve assise entre deux personnes célèbres. Malgré une situation qui pourrait être vécue comme un moment privilégié, elle ressent une forte pression intérieure. Elle devient très attentive à son comportement, à ses paroles et à la manière dont les autres pourraient la percevoir. Elle a l’impression qu’elle doit être intéressante, intelligente ou à la hauteur des personnes qui l’entourent.
Puis, progressivement, la patiente réussit à lâcher prise. Elle arrête de vouloir contrôler son image et de chercher à paraître parfaite. Elle se détache du jugement des autres, se permet d’être simplement elle-même et profite davantage de l’échange. Ce changement lui fait comprendre qu’elle n’a pas besoin de se comparer ou de prouver sa valeur pour avoir sa place parmi les autres.
Troisième partie : Vivre avec les autres
Chapitre 20 : La douleur insoutenable du rejet social
La douleur du rejet
Nous savons à quel point l’expérience du rejet social est douloureuse. La plupart d’entre nous n’en ont éprouvé que des formes « mineures » : rupture amoureuse, exclusion d’un groupe ou d’une bande, parfois mis à l’écart au sein d’une entreprise. Quelques-uns ont vécu des rejets traumatisants, comme des humiliations publiques ou par le biais du racisme. Il est infiniment plus douloureux et révoltant d’être rejeté pour ce qu’on est que pour ce qu’on a fait.
Être rejeté au quotidien
Ces rejets provoquent des résultats douloureux. Comme si un profond instinct nous signalait qu’il n’y a rien de plus dangereux pour nous que d’être rejeté par nos semblables.
Même le rejet par des personnes inconnues et invisibles, ou dans des situations sans enjeu concret, comme le fait d’être ignoré lors d’échanges sur internet, va entraîner des perturbations franches de l’estime de soi.
Le rejet en public est sans doute le comble de la douleur sociale, car on se sent éjecté par tous. Le rejet par tout un groupe donne toujours un sentiment terrible d’isolement, au moment des moqueries, mais aussi ensuite, lorsque la personne se retrouve seule. La gravité du rejet peut même, selon Christophe André, causer une élévation du risque suicidaire.
Les perturbations liées au rejet
Voici ce vers quoi nous risquons de tendre lorsque nous avons été rejeté, et contre quoi il faut donc se prémunir :
- Se comporter envers autrui de manière agressive : « Je préfère ne pas être apprécié plutôt que d’être rejeté »
- S’isoler
- Abîmer les liens existants avec les personnes proches. Alors que c’est justement auprès d’elles que nous pourrions trouver réconfort et soutien
- Se faire du mal (chez les plus fragiles).
Faire face au rejet
Comment retrouver l’envie de faire face ? En recherchant systématiquement le lien social après un rejet. Ne pas se fuir soi-même dans l’alcool, le travail, le sommeil. Accepter de se consacrer à des tâches quotidiennes, même si elles paraissent dérisoires par rapport à notre tristesse… Travailler sur ces petits rien, accomplir tout ces efforts d’autocontrôle, va représenter une aide, minime mais vitale.
Chapitre 21 : La lutte contre la peur du rejet (et ses excès)
La peur du rejet et ses dérapages
Le besoin du lien, d’appartenance et d’acceptation est sans doute l’un des plus fondamentaux chez l’être humain.
Note hypersensibilité provient souvent d’expériences passées de rejet qui ont rendu notre « détecteur de rejet » beaucoup trop sensible. Se sentir rejeté ne signifie pas forcément qu’on l’est réellement. Une personne qui manque d’estime de soi interprète facilement des situations banales comme des preuves qu’elle n’est pas appréciée. À force, elle évite certaines relations, devient méfiante ou cherche constamment à être rassurée, ce qui entretient encore davantage sa peur du rejet.
Le raisonnement émotionnel et ses risques
Ce type de distorsion du raisonnement fait que lorsqu’on se sent mal à l’aise, on est persuadé que tout le monde nous voit mal à l’aise. Si l’on se sent ridicule, on pense l’être vraiment, etc.
On prend nos émotions non plus comme un avertissement, mais comme une certitude sur sa réalité et sa gravité. La force de cette conviction entraîne une modification de son propre comportement qui va aller dans le sens de ce que l’on redoute. On peut alors risquer d’attirer l’attention sur soi, parce que notre attitude devient bizarre.
L’effet « spotlight » : mais non, tout le monde ne vous regarde pas !
Nous surévaluons d’au moins 50% le nombre de personnes qui nous observent avec attention. Les jugements extérieurs sont donc beaucoup plus favorables que nous le pensons nous-mêmes.
Faites faces à la peur du rejet
« Tu n’es pas si grand(e), pour que tout le monde tourne les yeux vers toi, comme tu le redoutes. Respire, lève la tête, regarde autour de toi : ne te fais pas si petit(e) ».
Voici quelques stratégies auxquelles on peut avoir recours face à la peur du rejet :
▶️ : Bien connaître les situations starter de notre anxiété d’évaluation
▶️ : Se rappeler que les autres pensent aussi majoritairement à eux-mêmes
▶️ : Accepter éventuellement d’être jugé
▶️: Adopter des comportements sociaux proactifs, c’est-à-dire aller vers les gens. Il est capital de ne pa attendre que l’on nous adresse des « signaux d’ouverture » sociale, de ne pas attendre que les autres fassent toujours le premier pas. Surtout si on a des problèmes d’estime de soi.
Chapitre 22 : La peur de l’indifférence et le désir de reconnaissance : exister dans le regard des autres
« Quand on sent qu’on a pas de quoi se faire estimer de quelqu’un, on est bien près de le haïr » (Vauvenargues)
Le désir de reconnaissance
L’absolue nécessité pour l’être humain est de disposer d’un capital social autour de lui. Se sentir reconnu confère tout simplement un sentiment d’existence sociale, d’existence tout court.
Les risques et les erreurs de la recherche de reconnaissance
- Erreur de ne pas se sentir reconnu alors qu’on l’est, en réalité
- Erreur de ne pas accorder d’importance aux signes de reconnaissance que l’on reçoit. Erreur de ne pas se sentir valorisé par le groupe et les personnes qui nous reconnaissent
- Erreur de confondre le désir de reconnaissance avec le désir d’amour, et d’attendre du premier qu’il satisfasse le second
Solitude et sentiment de solitude
La solitude et l’isolement social sont des facteurs de risque, en matière de dépression, de recours à l’alcool et à la drogue, et, plus généralement, de fragilité face aux évènements de vie stressants. La seule solitude qui vaille c’est celle que l’on choisit, non celle que l’on subit.
Chapitre 23 : La quête d’amour, d’affection, d’amitié, de sympathie : La recherche de l’estime des autres
Jusqu’où aller dans le besoin d’être aimé ?
Christophe André évoque les cas les plus extrêmes. Notamment les personnes « trop gentilles » qui peuvent étouffer les autres par leurs offrandes excessives et leur sollicitude à l’excès.
Il parle également des personnes vulnérables sur le registre de ce que les psychiatres nomment l’abandonnisme, ou l’hyperappétence affective.
- Dans le cas de l’abandonnisme, les personnes réagissent de façon très violente à tout ce qui leur paraîtra une forme de recul ou de prise de distance.
- Dans le cas de l’hyperappétence affective, les personnes vont très vite chercher à passer la relation en mode affective.
Ces deux familles de personnalités semblent présenter un besoin illimité de signes de reconnaissances et d’affection. Comme si leur existence même en dépendait.
Comment la quête d’affection s’active ou non en cas de rejet social
Les personnes à haute estime de soi semblent moins dépendantes du besoin d’approbation sociale en cas d’échec, ou si elles ont été remises en question.
En revanche, les personnes à basse estime de soi, le vivent mal. En cas d’échec (réel, redouté ou fantasmé), elles seront tentées d’acheter les autres par de la gentillesse.
Amour et estime de soi
Il existe un fréquent « gâchis d’amour » chez les sujets à basse estime de soi. Ils ont tendance à globalement sous-estimer le regard positif porté sur eux par leurs partenaires sentimentaux.
Chapitre 24 : La présentation de soi : quel visage offrir ?
Jusqu’où peut-on et doit-on faire des efforts pour être bien perçu ?
Il existe des règles, tant explicites qu’implicites, qui président aux interactions sociales. Les connaître, être conscient du degré de pression qu’elles exercent sur nous, c’est une première étape indispensable. Ensuite, il y a plusieurs façons de ne pas en être l’esclave.
Respecter certaines règles de communication ?
Les chercheurs en sciences sociales parlent de compétences sociales. C’est-à-dire l’ensemble de ces savoir-faire invisibles mais utiles en matière d’acceptabilité et de présence sociales.
Comportement non verbaux : Regarder dans les yeux, sourire, se tenir à la bonne distance, etc.
Comportement verbaux : Écouter sans interrompre, poser des questions et écouter la réponse, etc.
Il faut apprendre ces règles. Mais attention, ce qui n’est pas spontané, c’est simplement ce qui est en train d’être appris. Une fois qu’on maîtrise les bases, elles se font facilement.
Ces compétences sociales consistent à prendre sa place mais pas toute la place. Elles comportent deux versants : le versant expressif (affirmation de soi) et réceptif (écoute active).
Quelques exercices de « compétences sociales »
1️⃣: S’engager et donner de soi dans la relation (raconter, donner son avis, exprimer ses sentiments)
2️⃣: Ne pas hésiter à poster des questions à ses interlocuteurs dans le même domaine
3️⃣: Ne pas redouter les silences. Prendre l’habitude de laisser s’écouler avant de reprendre la parole ou de relancer
4️⃣: Vraiment rentrer dans l’échange au lieu de se surveiller et de surveiller les réactions d’autrui
5️⃣: Se rappeler qu’il s’agit d’un échange, non d’un examen de passage, ou d’un oral d’entrée en grande école…
Les avantages d’une présentation équilibrée et sincère
S’exposer aux autres sans efforts exagérés représente peut-être un effort également. Mais qui peut s’avérer plus fructueux sur le long terme, car il nous permet d’accéder au must. A savoir, être appréciés pour ce que nous sommes, et non pour ce que nous cherchons à paraître.
Chapitre 25 : La peur du ridicule et le combat contre la honte et les blessures d’amour-propre
Les blessures de l’amour-propre sont fréquentes lors des problèmes d’estime de soi. Mais ce sont sont souvent des blessures liées à l’hypersensibilité de la personne plutôt qu’à la gravité ou à la « réalité » des attaques dont elle a pu être l’objet.
Manifestation et conséquence de la honte
La honte est un sentiment plus ravageur que la culpabilité. On se culpabilise de ce que l’on a fait, mais on a honte de ce que l’on est. Le dommage est plus grave.
Lorsqu’elle est déréglée, elle est sans doute une des plus redoutables émotions dont puisse être affectée l’estime de soi.
Exercices pour combattre la honte
Il s’agit par exemple de prendre le métro et d’y annoncer à haute voix les stations. De se balader dans un centre commercial avec une banane au bout d’une corde. Ou bien, de rester assis face à une personne sans parler, tout en se regardant mutuellement.
On s’aperçoit vite qu’on est bien plus mal à l’aise avant de faire l’exercice qu’après. On réalise ensuite que les autres prêtent finalement peu attention à nous. Enfin, on se rend compte que plus on prolonge l’exercice, plus la honte diminue et s’affaisse. Il y a alors un phénomène d’habituation. Le sentiment de légèreté et d’euphorie (et de fierté) rend cette sensation si agréable.
Attention à ne toutefois jamais, JAMAIS, rester seul face à la honte. La solitude et l’isolement sont les vitamines de la honte.
Chapitre 26 : Mettre les rapports sociaux sur les bons rails : se méfier de l’irrésistible réflexe des comparaisons et refuser les compétitions inutiles
Je me compare et… je me console ou je me désole ?
Le réflexe des comparaisons sociales est inévitable dans un premier temps. Il s’effectue même de manière inconsciente. Le simple fait de vivre en société le rend constant. Voici quelques phénomènes qui activent les comparaisons sociales :
- Focaliser sa conscience sur soi
- Être dans le doute sur soi-même
- Se trouver en échec
- Être à la fois en difficulté et dans le doute
Il semble hélas que plus on se compare aux autres, plus on a tendance à ressentir des états d’âme négatifs, tels que regrets, culpabilité, envie, insatisfaction, etc.
Des comparaisons aux compétitions
Attention, l’activation de ces tendances à la comparaison et à la compétition est très rapide.
L’estime de soi préfère l’amour au pouvoir
Nous avons déjà vu que le besoin de reconnaissance et celui du contrôle alimentaient l’estime de soi. Mais si nous cherchons à nourrir cette dernière par la compétition, nous faisons fausse route. Car ce que l’on nomme l’acceptance, c’est-à-dire l’expérience de la popularité, à un effet deux fois plus puissant sur l’estime de soi que la dominance, c’est-à-dire l’exercice du pouvoir.
Les attitudes comparatives et compétitives ne vont pas dans le bon sens. Elles tendent plutôt à altérer peu à peu la qualité de nos relations sociales.
Chapitre 27 : Envie et jalousie : les émotions du doute de soi et leurs remèdes
L’envie ou la jalousie dénotent d’un manque d’estime de soi.
- L’envie renvoie au sentiment désagréable que nous éprouvons face à ce que possède une autre personne, que nous n’avons pas, et que nous aimerions bien avoir : argent, statut, reconnaissance, voire bonheur…
- La jalousie, c’est la crainte de perdre quelque chose que nous avons déjà.
On peut également être envieux et jaloux, comme chez les enfants par exemple. « Son cadeau est mieux » (envieux), « On l’aime davantage que moi » (Jaloux).
Pourquoi je ressens de l’envie ?
On envie ce que l’on n’a pas, mais seulement si l’on pense ne pas être capable de l’obtenir par nous-même. Issue des problèmes d’estime de soi, l’envie crée hélas ensuite un véritable cercle vicieux qui la fragilise encore plus.
L’impasse de la jalousie
« L’envieux voudrait posséder ce qu’il n’a pas et qu’un autre possède ; le jaloux veut posséder seul ce qu’il croit être à lui » (André Comte-Sponville)
La jalousie est toujours une souffrance qui provoque de l’anxiété et une faible estime de soi. Jamais les jaloux ne savourent le bonheur, ils ne font que les surveiller. Au lieu de donner envie à l’autre de rester, on cherche par tous les moyens à l’empêcher de partir.
La jalousie aggrave le problème au lieu de le solutionner. Elle est un échec complet du lien. Du lien à l’autre et du lien à soi.
Chapitre 28 : Ne plus se méfier des autres et faire confiance : les bénéfices sont supérieurs aux inconvénients
Faire confiance
La confiance c’est l’attente que notre désir de collaborer ne sera pas déçu, et que nos vulnérabilités ne seront pas exploiter par autrui. Accorder sa confiance à quelqu’un peut l’inciter à évoluer favorablement et contribue aussi à rendre la société plus humaine.
On peut accorder sa confiance parce que l’on se sent assez fort pour pouvoir supporter ou réparer une éventuelle trahison.
Ressentir fréquemment tristesse, colère, inquiétude peut induire une méfiance systématique envers autrui, basé sur la peur. C’est le cas notamment des phobiques sociaux.
Avantages et inconvénients de la confiance
La confiance suppose évidemment d’accepter un risque social relatif, celui de la tromperie ou de la duplicité de nos interlocuteurs, pour un bénéfice palpable, qui est celui de la qualité de vie.
Du bon usage… de la confiance
Pour une meilleure qualité de vie, il est nécessaire de savoir faire confiance. Inutile pour autant de nous exposer inutilement à la déception ou à l’exploitation. La solution réside sans doute dans notre capacité à faire à autrui une confiance non pas aveugle, mais éveillée.
Les bénéfices individuels et collectifs de la confiance mutuelle
De passionnants travaux sur ce thème ont montré que la position de confiance mutuelle est celle qui est susceptible d’apporter le plus, à long terme, aux individus comme aux groupes sociaux
Chapitre 29 : Ne plus juger : les bénéfices à accepter les autres
Juger ou connaître ?
La tentation de porter un jugement sur ce que sont ou ce que font les gens ne peut évidemment exister qu’à partir de notre propre expérience. Nous ne pouvons voir chez les autres que ce que nous avons appris à voir, et en général chez nous…
Notre égoïsme nous apprend à déceler l’égoïsme des autres, etc.
Cette tendance à voir le monde au travers de nos difficultés personnelles dépend en partie de l’importance que notre ego prend dans notre fonctionnement psychique.
Le problème c’est qu’à force de juger autrui, on remplit le monde de soi-même. Au lieu de se laisser informer, éduquer par lui.
🔴Conséquence : le monde nous paraît figé. « C’est toujours la même chose. » ; « Les gens sont toujours pareils » (et toujours décevants). Souvent, c’est notre façon de les appréhender qui est toujours identique.
S’entraîner à ne pas juger : toujours l’acceptation
L’effet d’étiquetage est bien connu en psychologie : une fois que l’on a porté un jugement sur quelqu’un, il est difficile de revenir dessus. Nous aurons tendance à mémoriser ce qui confirmera notre étiquetage, et à refouler ce qui ne le confirmera pas. On choisit de préférence les informations qui confirment nos croyances et nos préférences.
Exercices d’empathie (faciles et difficiles…)
– S’entraîner à fragmenter et à balancer son jugement. Notez les « plus » et les « moins » chez une personne
– Évitez de catégorie une personne, jugez plutôt son comportement (« Il s’est vanté hier soir, mais ce n’est peut-être une exception »)
– Chercher à comprendre pourquoi une personne se comporte de telle manière
– Passer du ressentiment à la discussion. C’est toujours un exercice fructueux. Parler aux personnes permet de réaliser qu’elles sont presque toujours plus fragiles, et parfois plus gentilles, que le jugement à distance ne nous le faisait imaginer.
L’approche empathique permet :
1️⃣- De faire du bien
2️⃣- D’éviter d’avoir des opinions erronées
3️⃣- D’apprendre peu à peu à procéder de même pour soi
Pourquoi ne pas juger les autres, c’est bon pour l’estime de soi…
Plus notre niveau de bien-être est élevé, plus l’acceptation d’autrui sera grande. Si je vais bien, j’ai plus de facilité à la bienveillance.
Une bonne estime de soi peut-être un outil de « bonification du réel ».
Acceptation, pardon et non-violence
– La non-violence est un acte de courage
– S’attaquer aux idées et non pas aux personnes : les individus violents sont eux-mêmes leurs propres victimes. Ils ne sont pas libres mais esclaves de leur milieu, de leur préjugés, de leur passé. Il faut s’opposer à leur violence avec force mais sans leur en vouloir pour autant. S’opposer à eux sans violence en retour est le seul moyen de changer durablement, et la société, et les personnes.
– Toujours penser à la reconstruction après le conflit
Chapitre 30 : Gentillesse, gratitude, admiration : le lien aux autres renforce le lien à soi
Gentillesse
La gentillesse c’est une attention bienveillante à autrui, et de manière inconditionnelle. Différent de l’écoute ou de l’empathie, dans la gentillesse on prend l’initiative.
Les occasions de pratiquer la gentillesse sont multiples. Prendre des nouvelles des autres au-delà du simple « ça va ? ». Aller vers les personnes isolées dans les soirées et les présenter à d’autres. Dire quelques mots aux voisins âgés et seuls. Sourire lorsqu’on donne une pièce à un mendiant, etc.
Générosité
La générosité est la vertu du don. Comme la gentillesse, elle semble utile à toute vie en collectivité.
Gratitude
La gratitude consiste à reconnaître le bien que l’on doit aux autres. Et plus encore à se réjouir de ce que l’on doit, au lieu de chercher à l’oublier. La gratitude augmente le sentiment d’appartenance à un groupe. Et tout ce qui augmente le sentiment d’appartenance renforce l’estime de soi.
Les souffrances de l’estime de soi entravent hélas la pratique de la gratitude. Notons que la gratitude n’est pas si évidente pour les personnes ayant eu des parcours de vies chaotiques. Manque d’amour, abandons, violences, etc.
Quelques exercices de gratitude
▶️Penser nos succès en terme de gratitude
▶️Au-delà des succès matériels, cultiver les sentiments de gratitude pour les gestes de gentillesse reçus
▶️S’endormir chaque soir, sur une pensée de gratitude
▶️Pratiquer l’étrange plaisir de l’extension de la gratitude (des proches, des personnes connues, etc)
Admiration
Admirer ce n’est pas renoncer à agir, écrasé par la perfection de la personne qu’on admire, mais agir pour s’en rapprocher, si on le souhaite.
Ne jamais rater une occasion d’exercer son oeil, et surtout son esprit, se réjouir d’admirer. Les bénéfices sur l’estime de soi sont innombrables. Disposer de modèles positifs, cultiver son humilité, muscler ses capacités d’ouverture, ressentir des émotions positives…
Chapitre 31 : Poser différemment la question de l’estime de soi : trouver sa place au milieu des autres
L’humain est un animal social : pas de bonne estime de soi sans bon lien aux autres
Il n’existe pas de bonne estime de soi sans les autres. Mais pas non plus contre les autres, ou sur le dos des autres.
En finir avec le tout à l’ego, et agrandir son estime de soi
Aujourd’hui, la course à l’ego semble avoir dépassé les limites de ce qui nous est favorable.
L’estime de soi élargie : s’attacher simplement à trouver sa place
En matière d’accomplissement de l’estime de soi, il est parfois utile de ne pas se chercher soi, mais de simplement chercher sa place. C’est-à-dire le lieu, l’activité, les liens qui nous donnent le mieux le sentiment d’exister.
Mais attention, car une mauvaise estime de soi rend plus difficile le fait de trouver sa place. Et ne pas bien trouver sa place altère l’estime de soi.
Au lieu de chercher et de faire sa place, les sujets à basse estime de soi tendent à la rêver et à l’attendre. Tandis que les personnes à haute estime d’elles-mêmes chercher à la bâtir en force plutôt que de s’y installer tranquillement.
Chapitre 32 : Narcisse
A travers ce chapitre, Christophe André nous montre qu’à l’image de Narcisse figé devant son reflet, s’admirer de trop près isole des autres et finit par nous détruire au lieu de nous aider à nous aimer.
Quatrième partie : Agir, ça change tout !
Chapitre 33 : Action et estime de soi : se bouger pour s’estimer
L’auteur prend l’exemple de grands enfants surdoués de 30 ou 40 ans qui accumulent des connaissances sur Internet mais n’ont jamais quitté le nid familial ni exercé de métier par peur de l’action.
L’action est l’oxygène de l’estime de soi
L’estime de soi est l’action entretiennent des liens étroits dans trois domaines
✅- ) La véritable estime de soi ne se révèle que dans l’action et la confrontation à la réalité
✅- ) L’action est facilitée par l’estime de soi
✅- ) Enfin, l’action nourrit, façonne, construit l’estime de soi
Les évitements sapent l’estime de soi et ne nous apprennent rien, tandis que l’action enseigne l’humilité
L’évitement n’apprend rien. Il nous renvoie seulement à des choses que l’on sait déjà : que la vie est dure, que nous avons bien fait de ne pas y aller, que c’est tout de même dommage, etc.
Seule la confrontation peut nous apprendre. Parfois elle nous enseigne des choses douloureuses, mais elle nous instruit… L’évitement, lui, sape l’estime de soi. On ne change que dans l’action.
L’action et les leçons de l’action
Agir et tirer les leçons de l’action est donc ce que l’on peut faire de mieux pour son estime de soi.
Il existe deux façon d’éviter :
1-) Ne pas agir
2-) Agir et ne pas tirer les enseignements de l’action
Chapitre 34 : L’action, non la pression : les règles de l’action sereine
L’action est une chance et une menace. Chance de découvrir et de s’accomplir. Menace d’échouer et d’être jugé au travers de cet échec. La manière dont chacun de nous arbitre entre ces deux pôles en dit long sur l’estime de soi.
Multiplier les actions pour banaliser la peur de l’action
L’action doit devenir comme une respiration de l’estime de soi.
« Nous sommes ce que nous répétons chaque jour » (Aristote)
La multiplication des actes rend ceux-ci plus légers, plus faciles, plus évidents.
Le leurre du perfectionnisme : se protéger par l’excellence, cela ne marche pas…
Paul Valéry avait coutume de dire : « La perfection est une défense ». Le recours à la perfection est l’objet d’un usage abusif de la part des sujets à l’estime de soi vulnérable. Le perfectionnisme peut-être efficace si cela concerne des objectifs précis, mais il est contre-productif s’il est une façon de se rassurer par rapport à la peur de l’échec ou de l’imperfection.
L’action comme but en soi
Il ne faut pas simplement agir pour réussir, ou obtenir un résultat. Il faut agir pour l’action elle-même. L’être humain est fait pour agir, il existe un lien indissociable entre son bien-être et l’action quotidienne. Agir améliore l’humeur qui elle-même facilite l’action. C’est un cercle vertueux.
Chapitre 35 : Ecouter le feed-back
Un feedback, c’est un retour qu’on fait à quelqu’un/soi-même sur une action passée. Il est nécessaire, car il permet d’ajuster peu à peu notre manière de penser et d’agir.
Comment tirer le meilleur usage du feed-back dans la vie quotidienne ?
C’est simple : en le considérant comme une chance et non comme une menace ! Voici les quatre grandes règles pour un usage optimal du feed-back au quotidien :
1️⃣-) L’écouter : avec une écoute et attentive, sans l’interrompre
2️⃣-) Le solliciter aussi souvent que possible :
3️⃣-) Ne pas le rejeter, même s’il paraît inadapté : Il contient presque toujours quelque chose de vrai
4️⃣-) Ne jamais punir quelqu’un de nous avoir donné son avis sur nous : Un feed-back bienveillant mais sincère est toujours apprécier
Le feed-back, c’est la vie
Pour Christophe André, le feed-back est l’un des outils les plus puissants qui soient pour nous aider à grandir et à progresser.
Feed-back est liberté
Etre ouvert au feed-back, c’est écouter et non obéir. C’est faire le tri, et non tout avaler sans regarder.
Chapitre 36 : Peut-on se débarrasser de la peur de l’échec ?
Pour vaincre l’intolérance à l’échec : diminuer les échecs ou augmenter la tolérance ?
La peur de l’échec est souhaitable puisqu’elle nous pousse à sortir de notre zone de confort et à progresser. Mais si cela dépasse le cadre de la peur pour devenir une véritable allergie, c’est un problème.
Il existe plusieurs stratégies pour lutter contre cela :
▶️L’autopsie des échecs : Il s’agit de revenir sur son échec douloureux, non pour ruminer mais pour comprendre.
▶️Plus l’échec est douloureux, plus on tirera bénéfice à s’astreindre à le regarder en face
▶️ Faire l’effort de nuancer sa lecture de l’échec : Il s’agit rarement d’échec total comme notre cerveau émotionnel voudrait nous le faire croire
▶️Ne pas rester seul : Il faut lutter lutter contre ce mouvement naturel qui nous pousse au retrait. A cause de la honte qui s’empare de nous
▶️Percevoir les échecs comme des étapes : Il est capitale de comprendre qu’ils participent à l’apprentissage de l’estime de soi. ll est très important d’inculquer ces valeurs à ses enfants dès le plus jeune âge
▶️Régulièrement, réévaluer les conséquences de ses échecs passés : Cela permet de réaliser que leurs conséquences sont toujours moindres que nous le redoutions sur le moment
- Rappel 1 : Moins on agit, plus il est difficile d’échouer
- Rappel 2 : Trouver des petits, tout petits, exercices qui permettront de tester et de développer notre tolérance à l’échec
Philosophie de l’imperfection
La sagesse des humains ordinaires, c’est d’accepter l’imperfection, chez les autres comme chez soi. Elle n’est pas toujours preuve de laisser-aller ou de médiocrité. Accepter l’imperfection, c’est aussi la preuve que le goût de la vie l’a emporté sur l’obsession de l’image de soi.
Chapitre 37 : L’autonomie envers les succès, réussites et consécrations : jusqu’où aller dans l’indifférence ? Ou dans ma liberté…
Le mythe toxique du « dépassement de soi«
L’auteur nous fait part de sa détestation du mot « Challenge ». Ce mot représente pour lui l’idéologie malsaine des années 1980 et 1990 avec ses winners et ses losers et son culte imbécile et toxique de la performance pour la perfomance.
On peut passer totalement à coté de sa vie en fuyant et en esquivant l’action, nous dit-il à nouveau. Mais on peut aussi passer à côté en fuyant dans l’action.
Hygiène du succès
On peut se vacciner contre la déception, devenir à la fois non pas indifférent, mais calme et lucide face à l’échec, et de même face au succès.
Ne pas oublier non plus que l’estime de soi se construit sur des rêves brisés. Mais également qu’il y a plus de vérités révélées sur nous lors des succès qu’il y en a lors des échecs.
Chapitre 38 : Psychologie des regrets
Certaines personnes à basse estime de soi préfèrent ne pas s’engager ni choisir pour ne pas éprouver de regrets. L’envie d’agir est dissuadée par anticipation. C’est que l’échec peut procurer une si vive douleur
Agir ou ne pas agir ? Que-va-t-on le plus regretter ?
Ce que nous avons tendance à regretter dans l’immédiat, ce sont surtout les choses que nous avons faites, nos actions (lorsqu’elles ont échoué bien sûr). Et ce que nous avons tendance à regretter le plus sur le long terme, et avec du recul, ce sont plutôt les choses que nous n’avons pas faites, nos inactions et nos intentions d’action non concrétisées.
Lutter contre le « mythe du bon choix »
Pour lutter contre les regrets excessifs, il faut d’abord se libérer de la peur obsédante de faire les « mauvais choix ». Le bon choix n’existe pas, c’est nous, et nous seuls, qui avons le pouvoir de rendre nos décisions « bonnes » ou « mauvaises.
Christophe André tient à rappeler que pour se libérer de la peur des regrets anticipés liés à un choix, le plus efficace n’est pas de renoncer à agir, mais d’augmenter sa tolérance à l’échec. Et surtout d’apprendre à en tirer des enseignements. « Si vous perdez, ne perdez pas la leçon »…
Chapitre 39 : L’action qui nous change et qui change le monde
Le meilleur des objectifs que l’on puisse se donner en matière d’estime de toi, c’est celui du développement personnel. A savoir prendre toute expérience de vie comme une occasion d’apprentissage.
L’action change notre regard
Lorsque nous changeons, le monde qui nous entoure change avec nous, car nous le regardons plus de la même façon. Si nous améliorons notre optimisme, l’avenir nous paraîtra moins angoissant.
Chapitre 40 : Petit Ours brun est fier de lui
Christophe André nous explique qu’il lit des histoires du Petit Ours brun à sa fille. Et que ce petit Ours nous ressemble beaucoup, car il a nos qualités et nos défauts. Il assume ses qualités avec cet aplomb de ceux qui se sentent aimés (ses parents l’aiment beaucoup). Ses histoires inculquent les fondamentaux de l’estime de soi à sa fille. Merci Petit Ours brun !
Cinquième partie : L’oubli de soi
Chapitre 41 : Le silence de l’estime de soi
Comment ne pas s’enliser en soi-même
Nos problèmes d’estime de soi nous amènent à être la marionnette de nos souffrances, de nos orgueils ou de nos peurs.
Prendre soin de soi
Un des paradoxes de l’estime de soi, c’est que pour pouvoir s’oublier et être moins obsédé de soi, il faut d’abord mieux s’occuper de soi-même.
Chapitre 42 : Intensifier sa présence à l’instant
Comportements et personnalités autotéliques : absorption et plénitude
Les activités autotéliques sont l’ensemble des activités auxquelles nous nous livrons, lorsque nous le faisons en l’absence d’autre but que le plaisir de les faires.
Marcher dans la nature, juste pour le plaisir de marcher. Jouer aux jeux vidéo par pur plaisir. Jouer d’un instrument de musique non pas pour être admiré, mais pour le simple plaisir de produire de l’harmonie, etc…
Toutes les traditions philosophiques encouragent ce comportement car c’est l’une des manières de se rapprocher du bonheur par immersion intense dans ce que l’on est en train de faire.
Méditation et présence à l’instant : la nécessite de l’entraînement de l’esprit
L’auteur évoque les bienfaits de la méditation pleine conscience sur l’esprit et donne des exercices à faire.
Quels rapports entre contrôle de l’attention et estime de soi ?
L’entraînement à la méditation de type pleine conscience facilite les capacités d’autorégulation psychologique et améliore l’équilibre de la balance émotionnelle positive, phénomènes favorables à l’estime de soi.
Pas seulement une technique, une façon d’être au monde
« Méditer n’est pas une évasion mais une rencontre sereine avec la réalité » nous apprenent les maîtres de la méditation.
Il est important d’étendre l’attitude de conscience à linstant à tous les aspects de la vie.
Pratiquer régulièrement l’exercice du « rien que ». Rien que marcher, rien que faire la vaisselle, etc. Etre simplement entier et complet dans ce que l’on fait.
Chapitre 43 : S’effacer derrière le sens donner à ce que l’on fait
Donner du sens à sa vie
Une des plus belles caractéristiques de l’être humain, c’est peut-être d’être un « donneur de sens »
La recherche de sens nous pousse à percevoir la portée universelle d’actes et d’émotions intimes
Donner du sens aux gestes quotidiens
Se demander souvent quel est le sens de ce que nous sommes en train de faire ou de vivre
Chapitre 44 : Humilité : jusqu’ou s’alléger de soi ?
L’humilité et ses liens avec l’estime de soi
Saint Expury avait dit : « Je comprends le sens de l’humilité. Elle n’est pas le dénigrement de soi. Elle est le principe même de l’action ».
Chapitre 45 : L’estime de soi, le sens de la vie et la peur de la mort
La peur de la mort augmente les besoins en estime de soi
Lorsqu’on renforce l’estime de soi, on abaisse son niveau d’axiété globale, ainsi que sa peur de la mort. A l’inverse, lorsqu’on augmente la conscience du caractère mortel, on augmente les besoins en matière d’estime de soi
Ne plus avoir peur de la mort
Vaincre sa peur de la mort améliore l’estime de soi, et la rend plus sereine, moins défensive.
Chapitre 46 : Le vieux monsieur arabe
